Métaphysique des tubes d’Amélie Nothomb

couv13604414Résumé :

Parce qu’elle ne bouge pas et ne pleure pas, se bornant à quelques fonctions essentielles -déglutition, digestion, excrétion-, ses parents l’ont surnommée la Plante.

L’intéressée se considère plutôt, à ce stade, comme un tube. Mais ce tube, c’est Dieu.

Le lecteur comprendra vite pourquoi, et apprendra aussi que la vie de Dieu n’est pas éternelle, même au pays du Soleil Levant…

Avec cette « autobiographie de zéro à trois ans », la romancière de Stupeur et tremblements, Grand Prix du roman de l’Académie française en 1999, nous révèle des aspects ignorés de sa personnalité et de la vie en général, tout en se montrant plus incisive, plus lucide et plus drôle que jamais.

J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge avec Laure.

Ce que j’en pense :

autobio réussie

J’ai été agréablement surprise par ce roman autobiographique. En effet, Amélie Nothomb a fait preuve d’une originalité qui m’a tout de suite plu. Par exemple, au début du roman, elle a utilisé le pronom « il » pour parler d’elle-même (en référence au tube) : l’usage du pronom de la première personne du singulier n’interviendra que plus tard.

Ainsi, le tube, souffrant d’une « apathie pathologique » selon les dires des médecins, peut être comparé à Dieu : j’ai trouvé la comparaison Le Tube-Dieu très intéressante. Cette subtilité m’a charmée, même si je ne vous cache pas qu’au début j’étais surtout perplexe et ne comprenais qu’à moitié où l’auteure voulait en venir !

amélie est sacrée et attendrissante

Dans son autobiographie, l’auteure fait beaucoup de référence au sacro-saint de manière parfois rigolote. Enfant, Amélie se prenait pour Dieu et estimait donc que tout lui était dû, qu’elle était donc le centre de l’univers. 

Je m’aperçus très vite que mon âge me valait un statut spécial. Au pays du Soleil-Levant, de la naissance à l’école maternelle non comprise, on est un dieu. Nishio-san me traitait comme une divinité. Mon frère, ma soeur et les futago avaient quitté l’âge sacré : on leur parlait d’une façon ordinaire. Moi, j’étais un okosama : une honorable excellence enfantine, un seigneur enfant.

Son adorable naïveté m’a fait sourire et son comportement malicieux avec sa gouvernante Nishio-San m’a plus qu’attendrie :

Quand j’arrivai à la cuisine, Nishio-san se prosternait pour être à ma hauteur. Elle ne me refusait rien. Si je manifestais le désir de manger dans son assiette, ce qui été fréquent (…) elle ne touchait plus à sa pitance : elle attendait que j’aie fini avant de recommencer à s’alimenter, si j’avais eu la grandeur d’âme de lui laisser quelque chose.

Un des autres passages que j’ai trouvés adorables, c’est son anniversaire : elle croyait que tout le monde allait le fêter :

Je lui demandais si les villageois allaient venir m’acclamer chez moi ou si c’était moi qui devais aller marcher dans la rue pour recevoir leurs applaudissements. Nishio-san eut un instant de perplexité avant de trouver cette réponse :

– C’est l’été. Les gens sont partis en vacances. Sinon, ils auraient organisé un festival pour toi.

Je me dis que c’était mieux comme ça. Ces festivités m’auraient sans doute lassée. Rien de tel que l’intimité pour célébrer mon triomphe.

découverte des mots.PNG

Ce roman est aussi celui d’un enfant découvrant le langage et son pouvoir. Je ne m’attendais pas spécialement à ce que cette thématique soit abordée mais j’ai quand même aimé. Nous suivons l’évolution de l’auteure et prenons connaissance des premiers mots qu’elle prononce, les deux premiers mots étant classiques et le troisième excentrique (je vous laisse la surprise au cas où vous souhaitez lire ce roman !).

Malgré son jeune âge, Amélie fait des constats plutôt brillants, ce qui témoigne de son intelligence :

L’examen de l’édifiant langage d’autrui m’amena à cette conclusion : parler était un acte aussi créateur que destructeur. Il valait mieux faire très attention avec cette invention.

Cette autobiographie atypique m’a énormément plu, principalement du fait de la magnifique plume de l’auteure et de sa liberté d’écrire.

Une lecture qui a frôlé le coup de coeur

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce roman ? Avez-vous déjà lu d’autres livres d’A. Nothomb  ?

Une réflexion sur “Métaphysique des tubes d’Amélie Nothomb

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