Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel

couv26657604Résumé :

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais…

Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés.
Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin…
————
Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

Ce que j’en pense :

J’ai lu ce livre en lecture commune avec ma copinaute Lulu_Books.

Cette chronique m’a demandé beaucoup de temps et de réflexion car je ne savais pas trop quoi penser de ma lecture. Mes émotions ont été assez difficiles à décrypter.

Un roman très surprenant

Au début de l’histoire, j’ai eu du mal à voir où Karine Giebel voulait en venir. Nous suivons Tama, une jeune fille marocaine de 9 ans achetée comme esclave par une famille française. Tama est leur « bonne » et subit tous les sévices possibles et imaginables. Je m’attendais à ce que l’histoire soit un minimum violente, du coup je n’ai pas été surprise par tous les coups et insultes que se prenait Tama. J’ai d’ailleurs trouvé que cette petite fille était d’un courage exemplaire ; elle m’a beaucoup touchée. Ce qui m’a dérangée, par contre, c’est que j’ai eu l’impression d’être non pas dans un thriller, mais plutôt dans un roman d’horreur. Les punitions et les châtiments corporels/psychologiques infligés à Tama empirent au fil de l’histoire et ça m’a surtout fait mal au cœur. Je n’ai pas compris où était le côté thriller du roman dans tout cette horreur. Par la suite, il y a aura une genre de dark romance (assez malsaine selon moi. Mais ce n’est que mon avis puisque ma copinaute a quant à elle trouvé cette relation émouvante) et là encore je n’ai pas capté le lien avec le thriller. Mais, pour ne pas être totalement négative, j’étais complètement dans l’histoire. Quand je commençais à lire, impossible de m’arrêter 😀 J’étais complètement addict.

En parallèle, la vie d’un certain Gabriel nous est raconté. Cet homme est froid, asocial, et habite dans un petit chalet isolé. Un jour il découvre une inconnue devant chez lui et il s’est révélé que celle-ci est amnésique. Il cherche alors un moyen de se débarrasser d’elle, vu qu’elle compromet sa petite vie tranquille. Cette inconnue cherche quant à elle à retrouver la mémoire. Ces passages ne m’ont pas trop rendue curieuse au départ, en tout cas l’identité de l’inconnue ne m’intéressait pas plus que ça ; je ne voyais pas le lien avec l’histoire de Tama. Mais, au fil de ma lecture, j’ai échafaudé mes propres hypothèses et je me suis prise au jeu, tellement le suspens était insoutenable. Et, au final, j’ai été totalement déconcertée, que ce soit par le dénouement ou par l’identité de notre chère amnésique. C’est à ce moment-là que je me suis rendue compte que Karine Giebel brouillait les pistes pour mieux nous surprendre à la fin.

Donc dire que j’ai été surprise est un euphémisme. L’auteure m’a tenue en haleine tout au long de ma lecture et elle a, malgré mon scepticisme de départ, ébranlé toutes mes convictions et tout ce que je croyais savoir sur les personnages.

L’esclavage, un thème pour le moins marquant

Comme dit plus haut, Tama est une esclave. J’ai été mal pour elle à de nombreuses reprises (lors de son achat, quand elle est souillée, violée, insultée) mais en même temps j’ai admiré sa force de caractère qui est tout simplement impressionnante, surtout pour son âge. C’est une lecture coup de poing, surtout que cette forme d’esclavage domestique existe encore en France, comme l’auteure le rappelle à la fin de son livre. C’est un peu une critique sociale, en quelque sorte, je pense. L’extrait ci-dessous me marque justement car il montre à la fois la perspicacité, l’intelligence de Tama (qui n’a pas été à l’école, bien évidemment) et son aigreur :

Abolir, ça veut dire supprimer quelque chose.
Donc, l’esclavage n’existe plus. Interdit, dans le monde entier.
C’est une bonne nouvelle, mais il devrait y avoir des gens chargés de vérifier qu’il ne reste pas d’esclaves dans les buanderies.
Dommage qu’ils n’aient pas pensé à ça lorsqu’ils ont aboli l’esclavage.

Le seul point négatif concernant le parcours de Tama, c’est la redondance. Certains épisodes se répètent plusieurs fois et ça m’a lassée, surtout vers la fin.

Des personnages complexes

Les personnages sont très intéressants dans ce livre car ils ont des personnalités très recherchées, ou du moins qui correspondent avec ce qu’ils ont vécu. Commençons par Tama : ses émotions et ses pensées sont le résultat de son esclavage. Elle pense souvent qu’elle n’est qu’une petite bonniche et qu’elle ne vaut rien. Ça m’a rendue triste pour elle. Le passage ci-dessous m’a d’ailleurs touchée car il souligne sa détresse et résume tout :

De toute façon, personne n’entend jamais mes appels au secours.
Personne, jamais.
Parce que, pour appeler au secours, il faut exister. Exister pour quelqu’un.

J’aimerais encore vous parler de nombreux autres personnages, mais pour éviter de vous spoil, je vais me contenter de parler de Gabriel. Je ne l’ai pas beaucoup évoqué dans cette chronique, tout simplement parce que ce n’est pas lui qui a retenu mon attention et que je n’ose pas trop en dire, par respect pour ceux qui comptent lire ce livre. En bref Gabriel est un personnage très différent de ce qu’il laisse paraître. J’ai beaucoup aimé sa folie mais également son dévouement envers l’inconnue.

De manière plus globale, la nature cruelle et sadique des personnages m’a marquée. Hormis quelques personnages comme Tama, Marguerite et Tayri, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Ce portrait de la nature humaine m’a quelque peu effrayée ; tout était noir. 

Pour conclure, ce roman m’a énormément plu, bien qu’il ait été très inattendu. J’ai consciente de ne pas du tout être exhaustive dans cette chronique, mais il vaut mieux en dire le moins possible pour éviter de spoil et de gâcher la lecture à de potentiels lecteurs.

J’ai décider de décerner cette bannière à ce roman. Toutes blessent la dernière tue n’est pas du tout parfait, mais je suis passée par une myriade d’émotions en le lisant, donc je le considère comme une lecture exceptionnelle et un coup de cœur. Ça faisait longtemps que je n’ai pas ressenti une telle émotion en lisant un roman.

Un gros coup de coeur pour ce livre

Pour finir je vous laisse avec cette magnifique citation :

Elle était la voix de l’horreur, de l’indicible et de l’intolérable.
La voix des esclaves.
À cette seconde terrible, Tayri était toutes les femmes blessées, torturées. Elle était leur douleur, leur souffrance, leur courage. Leurs larmes et leur désespoir.
Tayri était l’enfance bafouée, volée, abandonnée.
Elle était les échines courbées, les rêves brisés, les détresses silencieuses, les longues nuits de solitude.
Elle était les appels au secours qu’on n’écoute pas, les cris qu’on n’entend plus.
Tayri était le monde tel qu’il est, tel qu’on refuse pourtant de le voir.

Voilà pour cette chronique. Ce qui est sûr, c’est que je lirai d’autres livres de cette auteure. Et vous, avez-vous lu ce livre ?

8 réflexions sur “Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel

    • Les Morsures de l’ombre m’a aussi l’air passionnant à lire, il faudrait que je le tente un de ces jours 🙂 Tu l’as bien aimé toi ?
      Sinon je te conseille vivement Toues blessent la dernière tue, si tu as l’occasion de le lire ! C’est sûr qu’il y a quelques moments difficiles du point de vue émotionnel, mais ça vaut quand même le coup de le tenter ^^

      Aimé par 1 personne

      • C’était mon tout premier thriller et je l’ai vraiment adoré ! L’histoire est captivante à souhait et ce jusqu’à la dernière page. J’ai rarement été tenue en haleine à ce point donc je ne peux que te le recommander 😉
        Je l’avais enregistré sur Livraddict parce que j’avais déjà lu des chroniques et toutes en parlent en positif 🙂

        Aimé par 1 personne

  1. D’habitude, j’adore les écrits de Karine Giebel mais depuis que j’ai lu son dernier Ce que tu as fait de moi, je suis bien plus frileuse. Quand je lis le début de ta chronique, j’ai l’impression de retrouver Ce que tu as fait de moi, on trouve difficilement le côté thriller et on a affaire à une romance vraiment malsaine.
    Ça me donne beaucoup moins envie de le lire du coup…

    Aimé par 1 personne

    • Alors effectivement le livre est assez centré sur une romance malsaine mais, si ça peut t’encourager à le lire, sache que cette romance n’occupe pas plus de 40% (environ) de l’histoire. Elle joue un rôle primordial, certes, mais elle ne constitue pas le sujet principal (contrairement à Ce que tu as fait de moi, j’ai l’impression. En lisant le résumé et ta chronique j’ai eu l’impression que ce côté malsain était le thème principal du roman ?). Mais sinon oui, cette histoire d’amour peut quand même être un frein, car c’est assez spécial à lire et compliqué à décortiquer.

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      • En effet, dans Ce que tu as fait de moi, la romance malaise est au premier plan, il n’y a presque que ça.
        Bon, tu me rassures un peu même si je vais sûrement lire d’abord d’autres livres de l’auteur plus anciens qui n’ont pas le même thème. J’ai peur ou sinon d’être trop butée à trouver des ressemblances entre Ce que tu as fait de moi et Toutes blessent une tue.

        Aimé par 1 personne

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