Il nous restera ça de Virginie Grimaldi

Résumé :

A 33 ans, Iris trimballe sa vie dans une valise.
Théo, 18 ans, a peu de rêves, car ils en foutent partout quand ils se brisent.
À 74 ans, Jeanne regarde son existence dans le rétroviseur.
Rien ne les destinait à se rencontrer.
Quand le hasard les réunit sous le même toit, ces trois êtres abîmés vont devoir apprendre à vivre ensemble. La jeune femme mystérieuse, le garçon gouailleur et la dame discrète se retrouvent malgré eux dans une colocation qui leur réserve bien des surprises.
C’est l’histoire de trois solitudes qui se percutent, de ces rencontres inattendues qui sonnent comme des évidences.

Ce que j’en pense :

Cette histoire, à la fois pétillante et touchante, m’a mis du baume au cœur. Rien ne prédestinait Iris, Jeanne et Théo à se rencontrer, et pourtant… Les liens qui se construisent entre ces trois personnages sont très émouvants. Jeanne m’a marquée par sa sagesse, tandis que Théo m’a fait rire par sa façon de parler et m’a touchée par sa résilience. Iris, elle, m’a impressionnée par son courage. Cette cohabitation m’a donc fait passer par plein d’émotions différentes. Et la fin m’a émue. J’ai franchement adoré ce roman.

Une drôle de cohabitation

Il nous restera ça est tout d’abord le récit d’une rencontre, celle de Jeanne, Iris et Théo. Ces trois personnages, alors qu’ils n’ont rien en commun, vont se retrouver à vivre ensemble.

J’ai beaucoup aimé voir l’amour se tisser entre les différents protagonistes. Au début du roman, ils ne se connaissent pas. Ce sont des inconnus. Et, à la fin, ils s’aiment comme une famille. Ce que j’écris peut sembler niais, mais j’ai adoré voir cette évolution, ça fait chaud au cœur. Ça rappelle que dans la vie il y a des amitiés fortes, des relations qui sonnent comme des « évidences », pour reprendre les mots de Virginie Grimaldi. Ça m’a fait beaucoup de bien de lire tout cela. Il n’y a pas de doute, l’auteure n’a pas son pareil pour me faire ressentir tout un tas d’émotions !

Ce thème de la rencontre est donc prédominant dans cette histoire. Ce passage m’a notamment marquée :

Tout au long de notre existence, nous rencontrons des milliers de personnes. Ce sont d’invisibles liens qui se créent entre elles et nous, et qui construisent l’être que l’on est. Certains liens sont éphémères, d’autres sont durables, tous exercent une influence sur notre existence. De la personne avec laquelle on échange quelques mots dans une file d’attente à celle avec qui on choisit de partager un bout de chemin. Il y a les visages que l’on croise et ceux qui restent. Il y a les visages que l’on choisit et ceux qui s’imposent. Il y a les visages que l’on oublie et ceux qui nous marquent. Il y a les visages que l’on croise plusieurs fois (…)

J’ai trouvé que cela sonnait très juste. Ceci dit, j’ai déjà remarqué que ce sujet de la rencontre était cher à l’auteure : dans Il est grand temps de rallumer les étoiles j’ai été marquée par la métaphore du bus. Virginie Grimaldi voit la vie comme un bus, dans lequel entrent et sortent des gens au cours du trajet. Sa vision de la vie m’avait plu, et la retrouver dans Il nous restera ça est un pur bonheur.

Des personnages terriblement attachants

Les personnages sont bouleversants de réalisme. J’ai adoré les suivre dans leur vie quotidienne. Au début on les découvre avec leurs fêlures, leurs blessures secrètes. Et, au fil du récit, chacun va prendre sa vie en main et affronter ses propres démons. Et j’ai d’autant plus aimé qu’on oscille sans cesse entre leurs trois points de vue. Cela rendait la lecture encore plus fluide.

Ce que j’ai trouvé drôle d’ailleurs, c’est que l’écriture est adaptée à la personne qui raconte sa vie. Alors que l’auteure utilise un langage soutenu dans les chapitres consacrés à Jeanne, elle utilise un style plus familier dans ceux consacrés à Théo. Celui-ci est assez désinvolte, et utilise des expressions comme « j’ai le seum » ou ajoute un « frère » à la fin de ses phrases. Ce décalage m’a énormément plu, car il montre avec humour la différence entre les deux générations. Et, en plus de cela, j’avais vraiment l’impression d’être dans la tête des personnages.

L’auteure aborde en outre tout un tas de sujets à travers ses personnages. La question de l’amour est par exemple mise en avant. Jeanne a du mal à surmonter la perte de son mari ; Théo connaît ses premiers amours ; Iris sort d’une relation toxique. D’autres thèmes comme la famille, la vocation professionnelle, l’alcool sont soulevés et ça m’a plu. En fait, j’ai eu l’impression que Virginie Grimaldi se glissait dans la peau des personnages… Sa plume est très empathique.

Les protagonistes sont tous très bien construits. Jeanne a pour moi incarné la sagesse. J’ai beaucoup aimé sa droiture, et c’était touchant de la voir se relever de la mort de son mari.

Théo, lui, m’a beaucoup fait penser à Chloé dans Il est grand temps de rallumer les étoiles. Son passé m’a fait de la peine, et l’on s’attache facilement à ce garçon qui se bat pour s’en sortir.

Iris, elle, est sans conteste mon personnage préféré. Je n’ai pas envie de vous donner trop de détails, sinon la lecture perdrait de sa magie. Car ce que je préfère dans les récits de Virginie Grimaldi (et je ne pense pas être la seule), c’est la découverte des personnages. A chaque fois je suis émue. Et Iris m’a justement convaincue. Comme je l’ai écrit dans le paragraphe précédent, elle sort d’une relation amoureuse toxique, et va se reconstruire. J’ai aimé la suivre dans toutes ces étapes. Et la fin à l’hôpital m’a beaucoup touchée. L’extrait ci-dessous, racontée par Iris, m’a particulièrement plu, je vous laisse le découvrir :

– Il va être minuit ! s’écrie Loïc.

Toutes les voix s’unissent pour faire le décompte. Je rejoue dans ma tête l’année écoulée avec l’envie de n’en garder que le meilleur. Il aura fallu le chercher, s’accrocher aux rayons de soleil quand l’ombre grignotait l’espace. Battre des pieds plus fort pour ne pas sombrer, et apprécier à pleins poumons l’air à la surface. Finalement, je vais garder le pire aussi. Comme un exhausteur du meilleur, comme un négatif du joli. Parce qu’il a été là aussi, cette année, oh oui. Sous mon nombril, essentiellement, dans les lendemains qu’il promet, dans les sourires qui ne se sont pas éteints, dans des présences silencieuses. L’année à venir, je vais apprécier l’air à la surface, voir la lumière dans les ombres, rire sous les larmes, détecter le joli même quand il est bien planqué. Je me souhaite la vie et son sel.

BONNE ANNEE !

Dans ce livre, j’ai donc retrouvé tout ce que j’aimais déjà dans Il est grand temps de rallumer les étoiles : une histoire qui sonne juste, des personnages réels et attachants, une plume sensible et addictive. Je vous recommande ce livre. L’histoire d’Iris, Jeanne et Théo vous fera aimer la vie.

Et vous, aimez-vous lire du feel-good de temps en temps ?

15 réflexions sur “Il nous restera ça de Virginie Grimaldi

  1. Je trouve ça vraiment sympa d’utiliser différente façon de s’exprimer en fonction du personnage, ça apporte une vraie proximité avec les protagonistes ! Ce livre a l’air tendre, je le garde en tête pour un moment de douceur. Merci beaucoup Mathilde ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Oui c’est super, surtout que ça permettait d’être encore plus immergée dans les pensées des personnages, comme tu l’as bien compris 😉 J’espère que tu pourras le lire un de ces quatre, ou du moins découvrir Virginie Grimaldi, car ça en vaut la peine !

      Aimé par 1 personne

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