Nos étoiles contraires de John Green

couv50293143 Résumé :

Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu’elle s’y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d’autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l’attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

Ce que j’en pense :

 J’ai lu ce livre en lecture commune avec Laure du blog La cueillette d’une roussette. Je la remercie du fond du cœur pour cette superbe LC : tu es une très chouette copinaute ainsi qu’une très bonne partenaire de LC 😉

Pour faire (très) court, j’ai adoré Nos étoiles contraires. Contrairement à Laure, je n’ai pas eu de gros coup de cœur ; la lecture n’en reste pas moins émouvante et très belle, comme vous le comprendrez en lisant ma chronique.

Une histoire bouleversante

J’ai longtemps hésité à lire ce roman, car j’appréhendais : j’avais peur que ce soit une lecture déprimante. Et, tout compte fait, bien que les sujets abordés soient par essence tristes, l’histoire est quand même pleine de vie, d’amour et d’émotion.

Nos étoiles contraires, c’est avant tout l’histoire de deux adolescents touchés par le cancer qui apprennent à vivre et à s’aimer. La narratrice Hazel, atteinte d’un cancer des poumons, rencontre Augustus, en rémission, lors d’un groupe de soutien. Ils vont lier d’amitié, et très vite tomber amoureux l’un de l’autre. C’est notamment leur passion pour un livre commun (Une impériale affliction de Peter Van Houten) qui va les amener à vivre de nouvelles aventures. Je ne parlerai pas beaucoup de ces dernières pour ne pas spoil les futurs lecteurs, mais sachez qu’elles sont chouettes à suivre.

Enfin bref, pour en revenir à nos moutons, ce récit m’a bouleversée et transmis tout un tas d’émotions. Tout d’abord, John Green ne nous embarrasse pas de termes techniques pour parler du cancer, il va droit au but en utilisant un langage simple, et c’est très appréciable. Je crois qu’au-delà du cancer, son objectif était de montrer aux lecteurs la vie qui anime des personnages pourtant condamnés : il y a le cancer, mais il y a aussi l’espérance, et parfois le bonheur. Et c’est surtout cela que je retiendrai de ma lecture : la vie d’Hazel et de Gus est certes triste, pleine de souffrance et décourageante, mais elle est aussi composée d’instants de joie. D’ailleurs, à ce propos, il y a une phrase qui m’a marquée, elle dit que « même le cancer n’est pas vraiment un méchant : le cancer veut juste vivre lui aussi ».

Ce qui m’a également touchée, c’est la romance. Dans ce livre il n’y a pas de sexe, l’auteur insiste davantage sur la complicité liant Gus et Hazel. Cela m’a beaucoup plu, et ça ne rendait leur relation que plus émouvante encore : ils laissent leurs cœurs parler, sans artifices, et c’est magnifique. Le passage ci-dessous est d’ailleurs l’un de mes préférés, j’ai adoré sa beauté :

– Je suis amoureux de toi, a-t-il dit doucement.
– Augustus !
– Vraiment, a-t-il répondu. Il me fixait, et je pouvais voir que les coins de ses yeux se plissaient. Je suis amoureux de toi, et je n’ai aucunement l’envie de le nier et de m’épargner le plaisir de dire des choses vraies. Je suis amoureux de toi, et je sais que l’amour est juste un cri dans le vide, et que l’oubli est inévitable, et que nous sommes tous condamnés, et qu’un jour viendra où tout notre travail sera réduit à de la poussière, et je sais que le soleil va avaler la seule planète que nous aurons jamais, et je suis amoureux de toi. 

Cet extrait témoigne en outre de la puissance des mots, et de la justesse de l’écriture. Et c’est aussi ce qui m’a fait adorer la lecture : il n’y a pas de superficialité, que de la sincérité.

Je voulais aussi prendre le temps de vous parler du dernier tiers du roman : celui-ci est déchirant. C’est vers la fin que j’ai surtout été bouleversée : j’étais au bord des larmes. Encore une fois, ce sont les mots qui m’ont émue, je trouve qu’ils sont très puissants et évocateurs dans ce livre. Par exemple il est question d’éloges funèbres à la fin, et ce sont ces éloges (plus que l’événement en lui-même) qui m’ont rendue triste.

Pour conclure ce premier point, la lecture est magnifique et poignante. Au cas où vous en douteriez encore après avoir lu ce début de chronique, je vous mets un autre passage de Gus assez touchant 🙂 :

Contre qui je suis en guerre ? Contre mon cancer ? Et mon cancer, c’est qui ? C’est moi. Les tumeurs sont faites de moi. Elles sont faites de moi comme mon cerveau, mon cœur sont faits de moi. C’est une guerre civile dont le vainqueur est déjà désigné.

Des personnages attachants

Les personnages sont en outre très attachants. Ils ne se définissent pas par rapport à leur maladie, et cela les rend émouvants. Hazel m’a plu car elle est très courageuse et humaine. Elle se sait condamnée et pourtant elle trouve encore la force de se lever chaque matin et de vivre. Sa capacité à faire face aux événements est admirable.

Gus, lui, m’a aussi émue, mais pas pour les mêmes raisons. C’est surtout son état d’esprit, sa volonté de devenir quelqu’un d’honorable que j’ai adoré. Il veut améliorer le monde, y laisser sa trace et ce trait de caractère est assez délectable, je trouve. Je pense que c’est le personnage le plus profond du roman. Le passage ci-dessous montre à quel point Gus est un personnage bien travaillé comme il faut par John Green : il s’agit d’une métaphore (assez savoureuse, je dois dire) sur la cigarette :

– Tant qu’on ne l’allume pas, la cigarette ne tue pas, a-t-il déclaré, quand maman est arrivée à ma hauteur. Et je n’en ai jamais allumé une seule de ma vie. C’est une sorte de métaphore. Tu glisses le truc qui tue entre tes lèvres, mais tu ne lui donnes pas le pouvoir de te tuer. 

Il y a également un troisième personnage dont je souhaitais vous parler. Il a un rôle assez secondaire dans le roman, mais il n’en reste pas moins attachant. Il s’agit d’Isaac. Il est lui aussi atteint d’un cancer, et j’ai été touchée par son histoire, et par sa rupture avec sa petite-amie Monica (rupture qui est justement liée à ses problèmes de santé. Je comprends la décision de Monica de le quitter, mais en même temps ce n’est pas totalement légitime, car elle abandonne Isaac au moment où il a le plus besoin d’elle). J’ai donc éprouvé de la sympathie et de la compassion pour ce personnage ; j’ai trouvé que sa présence rendait le roman encore meilleur.

 

Donc Nos étoiles contraires a été une très belle découverte. J’ai été bouleversée par le destin d’Hazel et Gus ; la fin est tout particulièrement poignante. Selon moi, son succès est amplement mérité. Laure a été aussi subjuguée que moi par cette histoire, donc je vous laisse le lien de sa chronique ici, si vous souhaitez connaître son avis plus détaillé !!

Une lecture qui a frôlé le coup de coeur

Voilà pour cette chronique. Ce qui est sûr, c’est que je lirai avec plaisir d’autres romans de John Green, je devrai pouvoir les trouver facilement à la médiathèque. Et vous, quels livres de cet auteur connaissez-vous ? Avez-vous lu Nos étoiles contraires

 

13 réflexions sur “Nos étoiles contraires de John Green

  1. Si ma mémoire est bonne ce roman a été m’a première lecture en VO, du coup j’avoue avoir aimé ma lecture mais malheureusement ma vitesse de lecture était plutôt lente alors je pense que cela à « gâché » ma lecture… En revanche, le film m’a beaucoup touché!

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    • Je comprends ! Je commence aussi tout doucement à lire en VO, et le fait de lire dans une langue étrangère enlève un peu de plaisir parce qu’on se concentre davantage sur le style d’écriture. Mais je pense que Nos étoiles contraires doit être relativement accessible en anglais pour des débutants.
      Je n’ai pas vu le film pour ma part, mais si j’ai l’occasion de le voir, je n’y manquerai pas 😉

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  2. Je te remercie amplement d’avoir fait cette LC avec moi ! Tu ne l’aurais pas fait je suis certaine que mon livre serait encore resté dans mes étagères et que je ne me serais pas plongée à bras ouvert dans ce roman ! Tout ce que tu dis est excessivement juste et beau, je ne peux que confirmer ! En relisant les passages, ça m’a rappelé tant de souvenirs de cette lecture ! J’ai vraiment eu un coup de coeur car j’ai tout aimé ! 😍 tu as été une copinaute parfaite et c’est avec grand plaisir que je referai une LC avec toi 😉 Bon la prochaine fois on trouve une histoire plus joyeuse car je n’ai pas envie de pleurer à chaque livre 😂
    Ta chronique était parfaite, et je te fais de gros bisous en te souhaitant bon week-end et de très bonnes lectures 😘

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  3. Superbe chronique ! Personnellement j’ai eu un peu de mal avec la façon qu’avait Gus de s’exprimer que je trouvais pas du tout crédible pour un garçon de son âge et je n’ai jamais terminé le roman

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    • Merci ! Sa manière de parler ne m’a pas trop marquée, mais maintenant que j’y pense c’est vrai qu’il s’exprimait comme un adulte très mature, ça ne colle pas forcément à son personnage. Cependant il a déjà pas mal de vécu pour son âge, du coup je me dis que ça reste quand même crédible.
      C’est dommage que tu n’ai pas fini ce livre, mais il ne peut pas plaire à tout le monde non plus 😉

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      • Je pense que j’ai du mal avec l’écriture de John Green malheureusement, j’ai essayé d’autres de ces romans et sa ne l’a jamais fait avec moi ! Dommage, la trame de ces histoires auraient vraiment pu me plaire mais je bloque vraiment sur son style !

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  4. […] En fantasy j’ai également eu l’occasion de découvrir la saga Everless de Sara Holland. Et j’ai adoré, vraiment, tout était parfait. C’est une histoire comme je les aime, avec un univers convainquant, de la magie, des personnages attachants, et une intrigue très prenante. Sans oublier la plume de l’auteure ! Ce livre a été l’une de mes meilleures lectures du mois, aux côtés d’Alice au pays des merveilles et de Nos étoiles contraires(chroniques ici et là). […]

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  5. […] J’ai eu une autre déception ce mois-ci avec La face cachée de Margo de John Green. Ce roman-là m’a surtout frustrée. J’ai accroché au début, principalement parce que j’ai adoré le personnage de Margo. J’éprouvais une sorte de fascination pour elle, un peu comme Quentin. Mais l’intrigue n’a pas été à la hauteur de mes attentes, malheureusement. Elle n’étais pas mauvaise, loin de là (la thématique des villes de papier est plutôt originale) mais ça trainait en longueur et l’absence de Margo rendait l’histoire fade. Je n’ai malheureusement pas retrouvé le côté bouleversant qu’il y avait dans Nos étoiles contraires… […]

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  6. […] Je ne pouvais pas faire cet article sans parler de cette citation !! Beaucoup de sincérité et de franchise s’en dégagent. L’amour est également présenté comme une goutte d’eau dans l’univers, et c’est cette dimension-là qui m’a beaucoup plu. Pour connaître mon avis sur le roman plus en général, je vous renvoie à ma chronique. […]

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